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Ils disaient: « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur! [= Mc 11, 10 : Béni soit le Royaume qui vient, de notre père David !] […] Quelques Pharisiens de la foule lui dirent: «Maître, réprimande tes disciples». Mais il répondit: «Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront

Évangile de Luc 19, 38-40

La théologie catholique comme la théologie orthodoxe mettent en œuvre l’ecclésiologie du totus Christus dans leur compréhension hiérarchique de l’Église : le Christ crucifié et ressuscité est le Christ désindividualisé devenu une personne corporative. La tête et le corps forment le totus Christus. […] Mais elle n’est pas encore le totus Christus, car elle n’est pas encore le royaume du Christ. Elle est seulement l’«Épouse du Christ», qui attend la venue de son époux (Ap 22, 17), et qui attend avec impatience les noces eschatologiques. Elle n’est pas « la femme du Christ ». L’ecclésiologie du totus Christus est […] une ecclésiologie triomphaliste habitée par l’illusion et prétentieuse. Avant le règne de mille ans, il n‘y a pas de « pouvoir saint ». C’est dans le règne de mille ans seulement que les martyrs régneront avec le Christ et jugeront les peuples. Avant le règne de mille ans, l’Église est la communauté des frères et sœurs, charismatique, sans violence, composée de ceux qui attendent la venue du Seigneur, qui s’engagent dans le combat du Christ dans la force de l’Esprit et qui portent la croix en marchant à sa suite.

Jürgen Moltmann, La venue de Dieu. Eschatologie chrétienne, Cerf, 2000, p. 229[1].


  1. Italiques ajoutés.

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